19.10.2008

Suite du cours lacunaire

Cependant, la détente n’empêche pas la persistance de l’opposition idéologique : chaque modèle se veut toujours supérieur à l’autre. De même, il y a toujours des foyers de tension dans le monde.

Ainsi, en 1963, JF Kennedy tient un discours à Berlin-Ouest pour dénoncer le mur. Cela n’est pas une crise et son discours n’est suivi d’aucune action, mais il réaffirme ici la supériorité du modèle américain sur le modèle soviétique, ich bin ein Berliner, ce qui pourrait se traduire par "je suis un beignet", si on a l'esprit facétieux, mais qui voulait signifier que tous les hommes libres sont comme les Berlinois (et réciproquement), libres mais menacés par les méchants communistes... (pardon pour le pléonasme).

C’est aussi et surtout la guerre du Vietnam qui constitue un foyer de tensions majeur.

Après l’indépendance de l’Indochine française en 1954, les E-U deviennent les protecteurs du Vietnam du Sud face au Vietnam du Nord communiste et à la reprise de la guérilla communiste au Sud. Les deux Vietnam étaient séparés par le 17ème parallèle. A partir de 1963-64, la présence militaire américaine s’intensifie au Vietnam, en 1963, on trouve 16 000 conseillers militaires. En 1968, ils sont 500 000 soldats américains à défendre le Vietnam du Sud contre le Vietnam du Nord et contre la guérilla communiste au Sud (Viêt-Cong).
Ce n’est pas là un affrontement direct EU – URSS, mais on voit bien que l’opposition entre les deux modèles idéologiques reste forte, malgré la détente.

Et il n’est pas question en Europe de l’Est, à l’intérieur du bloc soviétique, de faire entendre une voix différente de celle de l’URSS. En 1968, la Tchécoslovaquie et ses dirigeants cherchent à modifier le régime communiste en place pour construire un régime non dictatorial, un « socialisme à visage humain » (qui ne ressemblerait donc plus au modèle soviétique). C’est ce que l’on a appelé le « printemps de Prague ». L’URSS s’associe aux autres démocraties populaires pour les obliger à renoncer : les troupes du Pacte de Varsovie interviennent, sans que le camp occidental ne bouge (détente). La tentative est abandonnée. Le nouveau dirigeant de l’URSS, Brejnev, qui a succédé à Khrouchtchev en 1964, ne veut aucune fissure dans son bloc. Sur le plan intérieur, c’est un retour en arrière par rapport à Khrouchtchev. La société et l’économie soviétiques se figent : aucune réforme n’est entreprise. Les productions n’augmentent plus, le niveau de vie est bas, les libertés sont inexistantes. Quelques dissidents dénoncent la situation, mais ils sont persécutés par le régime, comme l'auteur de l'Archipel du Goulag. C’est donc l’IMMOBILISME le plus complet. Le système se figeet se sclérose.

Cependant, à la fin des années 60, les fondements de la détente ne sont pas remis en cause. On peut même dire que la détente va plus loin encore.
- Les relations des Etats-Unis continuent de s’améliorer avec les deux grands pays communistes :
avec l’URSS (rencontres Nixon – Brejnev en 1972, 73, 74),
mais aussi avec la Chine (rencontre Mao Zedong – Nixon en 1972).

- Le dialogue avec l’URSS permet de signer en 1972 les accords SALT 1 (Strategic Arms Limitation Talks) : c’est-à-dire de limitation des armements stratégiques dans chacun des deux camps, limitation n'est pas désarmement !!!!

- La détente qui se poursuit, c’est aussi le désengagement américain du Vietnam en 1973 (le Vietnam du Sud perd définitivement la guerre en 1975). Il faut dire que cette guerre, la 1ère perdue par les Américains, a fini par créer un véritable traumatisme aux E-U, confirmant la crise de confiance d’une partie des Américains dans leur modèle. Les images de cette « sale guerre », les récits des blessés, le nombre de morts qui augmente poussent à la contestation une partie de la jeunesse, des artistes aussi (Bob Dylan / ex). C’est pour eux l’occasion de remettre en cause l’ensemble du modèle américain, de la société de consommation et d’abondance qu’il génère tout en menant cette guerre de plus en plus mal comprise. L’image des Etats-Unis dans le monde en souffre. A Paris, dans ma Sorbonne on dénonce l'impérialisme américain, l'oppresseur américain...

- En Europe, la détente se confirme également dans la 1ère moitié des années 70. Elle s’effectue notamment dans le cadre de l’Ostpolitik mise en œuvre par le chancelier  de RFA Willy Brandt. Celui-ci veut créer des liens entre les deux Allemagne, qui jusque là s’ignoraient totalement (elles ne s’étaient même pas reconnues). C’est une forme de dialogue qui se met en place malgré le rideau de fer. En 1972, les deux Allemagne se reconnaissent mutuellement et en 1973, elles font leur entrée à l’ONU.

- Enfin, une Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe est organisée entre 73 et 75 à Helsinki. Elle est en quelque sorte un apogée de la détente. Cette conférence qui réunit 33 Etats dont l’URSS affirme la nécessité de ne pas recourir à la force (détente mise en avant) ainsi que l’attachement des droits de l’homme de la part des pays participants.

Pour autant, cette détente a ses limites :
- concernant l’Ostpolitik, il n’est pas question d’autoriser une réunification de l’Allemagne. La RDA et la RFA continuent à exister toutes les deux, et un mur coupe toujours Berlin en deux.
- Quant à la conférence d’Helsinki, ce n’est pas parce que l’URSS et les démocraties populaires ont signé un texte en faveur des droits de l’Homme que ceux-ci sont appliqués. L’Europe reste coupée en deux et chaque modèle reste sur ses positions… Le monde est toujours bipolaire.


III - FIN DES 70-1991 : DU REGEL A LA FIN DU MONDE BIPOLAIRE

1/ Le regel et la guerre fraîche (fin des années 70 - 1985)


Le « regel » est une nouvelle dégradation des relations internationales qui intervient après 1975. Comment l’expliquer ?

On peut d’abord évoquer l’affaiblissement des deux Grands : cela les pousse à vouloir réaffirmer leur puissance et donc à durcir leurs relations. En effet, les deux Grands rencontrent des difficultés qui les affaiblissent

¤ Les Etats-Unis : l’affaiblissement est à la fois économique, politique et diplomatique.
- C’est d’abord le début de la crise économique, déclenchée par le choc pétrolier (prix du pétrole multiplié par 4 qui provoque une hausse des coûts de production et de grandes difficultés dans les industries fortement consommatrices d’énergie). Ces difficultés économiques ont évidemment des effets sociaux : le chômage augmente progressivement et les inégalités sociales se creusent.
- L’affaiblissement des EU, c’est aussi le scandale du Watergate qui pousse NIXON à la démission en 1974 et qui porte un coup au fonctionnement et à l’image de la démocratie américaine. En même temps, cela montre le pouvoir de la presse qui a révélé les dessous de l'affaire, donc un signe de démocratie.
- C’est également le problème de la guerre du Vietnam. Les Etats-Unis, enlisés dans un conflit devenu très largement impopulaire, se sont désengagés en 1973. Mais le retour des militaires qui ont participé au conflit ainsi que l’issue même du conflit sont très mal vécus aux Etats-Unis , cf Rambo, le premier de Ted Kotcheff en 79, qui montre la délicate voire impossible réintégration des ex soldats de cette guerre perdue.

¤ L’URSS menacée à l’extérieur et sclérosée à l’intérieur
- L’URSS est elle-même remise en cause. La rivalité avec la Chine s’accroît. Même dans les démocraties populaires, pourtant surveillées de près par le pouvoir soviétique (Brejnev), il y a des formes d’oppositions qui se mettent en place. EX : le syndicat SOLIDARNOSC en Pologne, qui a eu beaucoup de mal à se mettre en place, mais que n’a pu empêcher le régime tant les attentes populaires étaient grandes (des centaines de milliers d’ouvriers en grève).
- Sur le plan intérieur, l’absence de réformes et les difficultés économiques aggravent les conditions de vie quotidienne (cf les queues pour les aliments, les années d'attente pour avoir un téléphone, une voiture...) Les dissidents (= les opposants au régime) dénoncent le déclin du modèle soviétique, mais cela ne débouche pas sur les réformes nécessaires.

2/ Les symptômes du regel ?

Dès 1977, l’URSS avait installé des missiles SS-20 en Europe de l’Est, qui visaient l’Europe de l’Ouest. Le désarmement était donc menacé, compromis. EUROPE est bien un champ de bataille entre les deux Grands.Pas de réelle autonomie géopolitique.

La crise iranienne a également contribué à pourrir le climat entre les deux Grands, le reste vous l'avez.

Courage pour les Hispanisants qui ont préféré quitter le tropical climat de Reims pour aller en Espagne dans un lieu sans aucun attrait... Adios...

 

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Trackback par : rencontre | 24.10.2008

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